Le site de Strasbourg était déjà occupé pendant l'âge de Bronze, par un petit village de pêcheurs. Puis le site est devenu une bourgade celte du nom d'Argentorate. Dotée d'un sanctuaire et d'un marché, le village est alors de taille très modeste[13].
La plaine d'Alsace appartenait plus tard, à la tribu germanique des Triboques, venus de la rive droite du Rhin, avec Arioviste roi des Suèves, à la demande des Séquanes afin de battre les Eduens de Bourgogne, dès années 71 à 58 avant J.-C.; cela résulte clairement du texte de Jules César La Guerre des Gaules. Arioviste et son peuple occupèrent d'ailleurs une partie du territoire de leurs alliés les Séquanes.
En -12, le général romain Drusus, frère de Tibère, fonde une nouvelle ville et romanise son nom en Argentoratum. C'était alors un camp militaire fortifié positionné sur le limes (frontière de l'empire romain) du Rhin faisant partie des castella Drusi, les forts de Drusus. Un canabae (agglomération d'habitations civiles) s'est développé autour du camp et vers l'ouest, prélude au développement durable de la ville.
Après la soumission des tribus germaniques à Rome, le limes est repoussé à l'est, Argentoratum devient alors la base arrière des Romains jusqu'à la fin du IIIe siècle. En 352, la ville est détruite par les Alamans et les Francs ; Julien l'Apostat reconquit la ville en 357, court répit avant une nouvelle poussée expansionniste des Germains. En 406, Huns, Burgondes, Vandales et Suèves envahissent la Gaule. La ville est détruite en 451 par Attila et cette période sombre de la décadence romaine fait qu'on ne sait rien de la ville de ce temps-là.
Moyen Âge : une cité allemande florissante et rayonnante [modifier]
La ville est restaurée sous le nom de Strateburgum en 496 par les Francs qui favorisent le développement de la ville, après la conversion de Clovis au christianisme. En effet, Argentoratum est l'une des rares villes de la région à être le siège d'un évêque, véritable gouverneur de l'époque. Les VIIIe siècle et IXe siècle furent prospères, la ville vit sa population doubler, une nouvelle cathédrale fut construite et le commerce se développait, toujours sous la tutelle de l'évêque qui avait les pleins pouvoirs. De nouvelles paroisses furent créées.
En 842, la ville accueillit Charles le Chauve et Louis le Germanique qui s'allièrent contre leur frère Lothaire pour le partage de l'Empire légué par leur grand-père Charlemagne et prononcèrent les Serments de Strasbourg, plus ancien texte rédigé en langue romane (ancêtre du français, entre autres) et en langue tudesque (ancêtre de l'allemand). À l'issue de ce conflit en 843, le traité de Verdun attribua Strasbourg à Lothaire mais à sa mort, la ville revint à la Germanie. En 962, Otton le Grand fonda le Saint Empire Romain Germanique et s'appuya sur l'Église en lui octroyant des pouvoirs temporels fort. Strasbourg obtint alors le droit de justice et celui de battre monnaie.
La ville continuait à prospérer et à s'étendre. Une nouvelle enceinte fut construite au XIIe siècle et elle fut agrandie un siècle plus tard. De 1202 à 1220, la ville s'enrichit de quartiers autour des églises Saint-Pierre-le-Jeune et Saint-Pierre-le-Vieux. De nombreuses tours de fortification furent construites à cette époque, et ne disparurent du paysage urbain qu'au XIXe siècleÀ partir de 1228, les quartiers maraîchers ont fait à leur tour partie intégrante de la cité. Le Finkwiller, le quai des Bateliers, la rue des Bouchers ou la rue d'Or témoignent des nombreuses corporations présentes à l'époque et indispensables à la vie quotidienne des Strasbourgeois. Ces axes étaient entourés de murailles à la même époque. Le système défensif des Ponts Couverts a également été élaboré à ce moment. Les quatre tours actuelles faisaient partie des remparts et étaient reliées par des ponts couverts d'une toiture en bois, disparue au XVIIIe siècle. Elles abritaient les corps de garde mais servaient aussi de prison. Autre vestige : la porte de l'Hôpital. Cet agrandissement n'a été terminé qu'en 1344.
Les bourgeois, écartés du pouvoir, souhaitaient s'impliquer dans la vie politique et obtinrent en 1214 le droit de créer un conseil avant de prendre le pouvoir en 1262 au terme de la bataille de Hausbergen. S'ensuit une période trouble pendant laquelle les luttes de pouvoirs furent source de nombreux conflits. Le point culminant de ces conflits fut la lutte de deux familles rivales, les Zorn et les Mullenheim, véritable guerre civile provoquant en 1332 une révolte des Strasbourgeois. Le pouvoir revint alors à la classe marchande. Après cette longue période de troubles, une nouvelle organisation politique se créa au XVe siècle : le conseil de la ville s'appuyait sur les conseils des XIII, des XV, et des XXI, un Ammeister (maire) est nommé par le conseil tandis que quatre Stettmeister nommés par les nobles complétaient l'administration. La ville comptait alors plus de 16 000 habitants, frappait monnaie et obtint le statut de ville libre d'Empire, ce qui en fit une véritable principauté.Vers 1370-1390, à la fin de la guerre de Cent Ans, la population redoutait l'invasion des bandes de pillards qui parcouraient la région. Ainsi la municipalité décida de protéger les parties Ouest et Nord de la ville.dernière extension de la cité médiévale date de 1387-1441. Elle concernait le quartier de la Krutenau, habité par de nombreux pêcheurs et maraîchers. La ville ne connu pas d'autre agrandissement avant le XIXe siècle. Le Moyen Âge est l'âge d'or de Strasbourg. Sa richesse croissante était due à l'activité des bourgeois, mais surtout à sa topographie. Grâce à ses nombreuses voies fluviales et routières, cette ville, entourée d'eau, était un centre de commerce particulièrement actif.
Ainsi, dès l'aube du Moyen Âge, le vin d'Alsace était connu en Allemagne, aux Pays-Bas et jusqu'en Angleterre et en Scandinavie. Strasbourg exportait également textiles et céréales, mais importait en revanche de nombreux produits de luxe tels que le verre, les peaux, les fourrures, les soieries et les épices. L'Ancienne Douane est un des rares témoins de ce commerce fluvial florissant. Situé sur les bords de l'Ill, à l'emplacement de l'ancien port de Strasbourg, ce bâtiment a été construit en 1358 pour stocker et prélever des taxes sur les marchandises transitant par Strasbourg.
Le symbole le plus significatif de cette opulence est la Cathédrale. Quatre siècles ont été nécessaires à la construction de cet édifice, érigé à la gloire de Notre-Dame. Les travaux démarrèrent en 1015 sur les fondations d'une ancienne basilique romane. Sa flèche n'a été achevée qu'en 1439. Cette longue édification fait de ce chef d'½uvre une synthèse des courants artistiques du Moyen Âge. Toute la cité était un véritable chantier d'églises, fondées par des moines ou des familles nobles. Parmi les plus anciennes, Saint-Pierre-le-Vieux, Saint-Pierre-le-Jeune, Saint-Thomas. À côté des églises, de nombreux couvents ont vu le jour : une vingtaine au total. De cet ensemble demeure le cloître de l'église Sainte-Madeleine et celui de Saint-Pierre-le-Jeune.
Ces nombreux monuments montrent que, durant tout le Moyen Âge, l'art était essentiellement au service de la foi. C'est le chantier de la cathédrale qui a drainé tous les artistes de renom. Une grande majorité d'entre eux étaient anonymes. Il faut attendre le XVe siècle pour que se développe l'art de la peinture. Toute une école alsacienne, spécialisée dans les retables, s'épanouit à cette période.
Quant à la vie intellectuelle, elle fut marquée au XVe siècle par la révolution de l'imprimerie. En effet, Johannes Gensfleisch, dit Johannes Gutenberg a profité des dix années qu'il a passées à Strasbourg pour y concevoir l'imprimerie à caractères mobiles. Strasbourg ne tarda pas à devenir un des grands centres de l'imprimerie. Elle comptait une cinquantaine d'officines d'imprimeurs à la fin du Moyen Âge. Cette invention favorise le courant humaniste qui fait jour à Strasbourg. Jakob Wimpheling, Geiler von Kaysersberg ou Sébastien Brant sont des grands noms de l'Humanisme strasbourgeois. Cependant, aucun n'adhère à la Réforme, mais par leur esprit critique et leur dénonciation des abus de l'Église, ils ont préparé l'avènement de la Réforme protestante.
Strasbourg aujourd'hui
Strasbourg (Strossburi en alsacien, Straßburg en allemand) est une ville située dans l'est de la France, sur la rive gauche du Rhin. C'est le chef-lieu de la région Alsace et du département du Bas-Rhin. Ses habitants sont appelés les Strasbourgeois et les Strasbourgeoises.
Strasbourg est la septième ville de France par la population[1], et l'un des principaux pôles économiques du nord-est. La ville se distingue par un secteur secondaire très diversifié. Le secteur tertiaire est essentiellement tourné vers les activités financières, la recherche et le conseil aux entreprises[2].
Strasbourg est par ailleurs l'une des seules villes, avec Genève, Montréal, et New York, à être le siège d'organisations internationales (Conseil de l'Europe depuis 1949, Parlement européen) sans être capitale d'un pays[3].
Son centre est entièrement classé patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco[4] depuis 1988 et comprend notamment la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg et le quartier de la Petite France.
Strasbourg est aussi une grande ville étudiante. Ses universités sont résolument tournées vers l'international avec plus de 20% d'étudiants étrangers[5].
Pour plus d'informations:www.strasbourg.fr


